4 – WFJDR : Pas si facile d’être un elfe !

Nous espérons que vous avez aimé les derniers articles d’approfondissements de WFJDR, écrits par l’auteur de C7, Ben Scerri. Si vous les avez manqué, vous pouvez retrouver le premier ici, le deuxième ici et le troisième ici. Aujourd’hui, Ben parle des elfes ! Comme toujours, n’hésitez pas à commenter sur Discord  !

Bonjour tout le monde, me revoilà pour parler de WFJDR ! Une des choses que je préfère dans l’univers de Warhammer c’est la façon dont sont gérées les différences entre les peuples. Faisant partie de la 2e génération d’immigrés en Australie, j’ai vécu ça de très près, et cette très grande animosité entre les peuples de Warhammer est exprimée de manière très intéressante et stimulante.

Cependant, cela s’oppose à un débat que j’ai souvent lu en ligne, depuis que la 1re édition a trouvé sa place dans les coins sombres d’un Internet en plein essor. De quel débat je parle ? Du fait que les elfes soient trop puissants, bien sûr ! Aujourd’hui, je vais donc parler aussi bien de calculs que de fond, puisque je suis intimement convaincu que les deux vont de pair et que le récit est lui-même une mécanique.

On s’y met ?

« Chaque attitude dégage de la puissance quand on est un elfe… »

Qu’y a-t-il de si génial à être un elfe ?

Commençons par les calculs : après tout, les arguments que je vais avancer expliquent pourquoi ils ne sont pas importants, mais si vous ne savez pas de quoi on parle… eh bien, ce n’est pas un bon début, n’est-ce pas ?

Jetons un coup d’œil à la Table des Attributs à la page 33 du Livre de Base :

Concentrons-nous sur les bonus en ignorant les dés ; après tout, ils donnent toujours la même fourchette de résultats. Nous pouvons voir que, tandis que les nains et les halflings ont quelques Caractéristiques au-dessus de la moyenne humaine de +20, les elfes n’en ont aucune en dessous de +20. Au total, les humains cumulent +200 points de Caractéristique, les nains +240, les halflings +230, et les elfes un énorme +280 !

Voyons maintenant les autres Attributs. Les elfes ont le même calcul pour les Blessures que les humains et les nains, ce qui, compte tenu de leurs statistiques améliorées supplémentaires, donnent les Blessures moyennes suivantes pour chaque race : 12 pour les humains, 16 pour les nains, 10 pour halflings et 13 pour les elfes.

Les elfes ont aussi un Mouvement de +1 supérieur à celui des humains, et de +2 à celui des nains et des halflings, ce qui les rend très difficiles à repousser s’ils choisissent de tendre une embuscade ou d’attaquer avec un arc et des flèches…

Les seules choses pour lesquels les elfes sont vraiment en dessous des autres races, ce sont les Points de Destin, la Résilience et les Points supplémentaires : les humains ont un total de 6 points, les nains en ont 4, les halflings 4 et les elfes 2.

Honnêtement, à ce stade, je me demande pourquoi les gens ne décrient pas plus les nains !

Les elfes ont l’air vraiment puissants, malgré leur déficience en Point de Destin et Résilience, qui risque bien de  sérieusement leur nuire s’ils sont… eh bien… gravement blessés. Ils peuvent se révéler de très  redoutables adversaires, mais si le vent tourne en leur défaveur, tout peut vite mal tourner. Rien de plus normal vu l’histoire de cette ancienne race, non ?

Comme je dis toujours : si tu te lances dans un combat pour lequel tu n’es pas préparé, tu fais déjà une erreur. Combattre la mort est une vérité pour tous ; bon sang, mais j’ai déjà écrit un article là-dessus  !

Du coup, vous vous demandez peut-être…

… qu’y-a t’il de si difficile à interpréter un elfe ?

Ce qui m’amène à l’écueil de l’existence d’un elfe dans l’Empire. Ou plutôt aux écueils, car ils sont légion et incontournables. Être un elfe, ce n’est pas comme être un nain, un ami ancestral et allié de l’Empire, omniprésent dans ses bases, ou comme être un halfling, citoyen directement lié à l’Empire, si communs qu’ils sont rarement considérés autrement qu’avec un grognement de dédain. Cela ne veut pas dire que les nains et les halflings n’ont pas de problèmes dans cet Empire ultra-conservateur et souvent rétrograde, mais les elfes, c’est une tout autre chose.

Comme pour tout ce qui concerne WFJDR, tout nous ramène à cette fameuse dualité : l’Ennemi extérieur et l’Ennemi intérieur.

L’Ennemi extérieur : préjugés extrêmes

Les elfes font face à des préjugés extrêmes dans le Vieux Monde (ceci dit, soyons honnêtes, ils en distribuent autant qu’ils en reçoivent si l’on en croit la page 311 du Livre de Base !), qui ont tendance à se concentrer sur deux aspects majeurs de leur race : leur histoire conflictuelle avec les nains et l’Empire, et leurs différents avec l’humanité, aussi rudes qu’inexplicables.

Mettons nos chapeaux d’anthropologues (et comme il s’agit de Warhammer, ils seront ornés d’un crâne, d’une dague, et d’une énorme plume !), et jetons un bref coup d’œil à l’histoire du Vieux Monde.

  1. Les nains s’installent dans les Montagnes du Bout du Monde et les elfes s’établissent à Ulthuan.
  2. Le Chaos apparaît dans le Vieux Monde par les pôles Nord et Sud, corrompant tout sur son passage (même les tout premiers Hommes), vomissant une légion de démons et semant une véritable pagaille.
  3. Elfes et nains se rencontrent et s’allient pour lutter contre ce qui menace toute vie. Ils repoussent les démons dans les Terre du Chaos, et les deux races deviennent de proches amis.
  4. Les elfes s’installent dans les vallées du Vieux Monde, le long des côtes et à travers les terres qui deviendront un jour la Tilée, l’Estalie, la Bretonnie et l’Empire.
  5. Des dissensions naissent entre elfes et nains, ce qui les conduit à une guerre de plusieurs siècles qui ravage les deux espèces.
  6. La plupart des elfes quittent le Vieux Monde et retournent à Ulthuan, devenant hauts elfes ou elfes noirs, mais quelques-uns restent et deviennent les elfes sylvains.
  7. Maintenant que la guerre entre les races puissantes s’est apaisée, les humains migrent dans les zones abandonnées, ou sortent de leurs cachettes. Ces humains fondent l’Empire sous la direction de Sigmar Heldenhammer.

Cette histoire a laissé de nombreuses cicatrices à tous ses protagonistes : de vieilles rancunes entre elfes et nains, une haine des elfes envers les humains qui se sont installés sur « leurs » territoires (souvenez-vous qu’ils vivent bien plus longtemps, donc le temps où ils habitaient le Vieux Monde n’est pas si lointain à leurs yeux) et cette peur des elfes chez les humains (car les elfes sylvains continuent de protéger leurs clairières cachées et poursuivent leurs propres intérêts dans l’ombre). La longévité des elfes, la rancune persistante des nains, et le manque de communication entre eux ont conduit à une situation où il n’y a pas de bonne ou de simple solution, et peu d’entre eux désirent parlementer.

Tout ceci est exacerbé par le fait que, même s’ils avaient bel et bien discuté, les trois races, surtout les elfes et les humains, ont si peu en commun qu’ils sont incapables de se comprendre. Comment pourriez-vous discuter avec une personne qui n’aurait que 50 ans à attendre que vous mouriez pour avoir gain de cause suite à une querelle, sans même lever le petit doigt ? Comment expliquer à quelqu’un que, malgré les 100 générations au cours desquelles sa famille a habité ce village, vous y avez vécu avant ! Ce n’est que le sommet de l’iceberg concernant les nombreuses barrières philosophiques, culturelles, religieuses et biologiques entre les deux espèces.

Mais en fin de compte, les humains de l’Empire sont bien plus nombreux, se comptant par millions, et les elfes ne peuvent que s’y habituer… Mais les humains ne rendent pas les choses faciles. Dans l’Empire, ils crachent leur peur et leur ignorance au visage de leurs « amis » les elfes. Face à tant de haine et de violence, tout compromis est extrêmement compliqué.

AKA : les ramifications de l’immortalité.

Mais l’Empire n’est pas le seul problème des elfes. Ils doivent également composer avec leur propre société, complexe, obscure et basée sur immortalité effective. Prenez vos propres obligations familiales : vous devez certainement appeler vos parents chaque jour ou semaine, vous avez des enfants à élever, des amis à voir, des grands-parents que vous aimez et dont vous prenez soin. Maintenant, imaginez que chaque génération de votre famille soit encore en vie… votre mère, la mère de votre mère, la mère de la mère de votre mère… n’oubliez pas les parents du côté de votre conjoint… et tous vos cousins… et les parents de vos cousins… et leurs enfants bien sûr.

Les elfes vivent dans une société saturée d’obligations. Nous en avons tiré une mécanique ! Allez voir page 195-196 du Livre de Base, Amélioration elfique et Prestige elfique !

Rappelez-vous maintenant comment votre famille agissait à votre égard lorsque vous étiez jeune, ce qu’ils attendaient de vous une fois adulte. Les enfants d’immigrés savent de quoi je parle, parce que le stéréotype est souvent vrai, mais toutes les familles ont ce genre d’exigence et d’attentes pour leurs enfants. Ils voulaient que vous soyez médecins, avocats, virtuoses ou athlètes de renom. Multipliez cette pression familiale par l’étendue d’un interminable arbre généalogique qui se targue encore, des siècles plus tard, de tout un tas de grandes actions et d’expériences extraordinaires !

Et si vous pensez que tout ceci n’a aucun impact sur les elfes, regardez le Tableau des Classes et Carrières Aléatoires page 30-31 du Livre de Base. Les humains ont accès à 63 carrières, les nains 47, les halflings 48, les hauts elfes 35 et les elfes sylvains 22 ! Bien sûr, vous pourriez dire : « C’est comme ça que fonctionnent ces sociétés : les hauts elfes ne comptent pas de Débardeurs, et les elfes sylvains pas de Charlatans », ce à quoi je réponds… Oui… Précisément… C’est bien ce que je vous explique.

La société elfique est enlisée non seulement dans les obligations, mais aussi dans le jugement. Certaines tâches ne sont tout simplement pas faites. Les elfes, vivant généralement « à jamais », sont loin d’être libres. Ils ne bénéficient pas de la désinvolture de l’Humanité, car, comme ils aiment le rappeler aux autres espèces, leur vie a de l’importance.

Vivez votre meilleure et très longue vie

Être elfe, c’est vivre de façon vraiment différente : une culture marginale avec ses propres avantages et écueils. Les bénéfices statistiques à être un elfe sont contrebalancés par des barrières sociales et culturelles auxquelles ils sont confrontés de par leur simple existence.

Sans que cela soit aussi extrême (je veux dire, nous sommes des humains après tout), je vois souvent beaucoup de parallèles entre cette expérience, la mienne, et celle de ceux qui m’entourent. Les cultures minoritaires font face à des défis provenant de l’extérieur et de l’intérieur, et possèdent également leurs forces propres sur lesquelles s’appuyer. Et tout comme pour les hauts elfes ou l’Empire, tout se passe mieux si l’on travaille ensemble.

J’espère que cette brève plongée au cœur du monde des elfes vous les fera apprécier un peu plus, et vous aura proposé une nouvelle perspective sur ce que signifie interpréter un elfe. Tiens, le simple fait d’y penser me donne envie d’en créer un sur le champ  !

Si vous avez des questions sur les liens qu’entretiennent les elfes avec le Vieux Monde, rendez-vous sur Discord, où nous vous répondrons (dès que nous aurons mis la main sur un Asrai, Asur ou Eonir pour les leur poser, évidemment).

Oh, une dernière chose, je n’ai pas abordé la magie dans cet article, alors que les elfes possèdent un lien étroit avec elle, et elle est étroitement liée au Chaos. C’est toujours un bon sujet de conversation pour les Répurgateurs et les Sigmarites, mais nous y reviendrons une prochaine fois !

À bientôt !

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